Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 07:30


Lors du dépôt de sa candidature, le vendredi 16 octobre 2009, M. Gbagbo Laurent affirmait qu’il était candidat à l’élection présidentielle du 29 novembre 2009, pour plusieurs raisons, dont celle-ci : « Retenez bien que cette élection qui va avoir lieu n’est pas seulement une élection pour choisir un président de la République. C’est aussi une élection qui va mettre fin à une période et qui va ouvrir une autre. La période qui s’achève est celle que je pourrai appeler la période houphouétienne. C’est la période marquée par la stature d’Houphouët-Boigny. Depuis 1945, la stature d’Houphouët-Boigny a imprégné, marqué, façonné cette période-là. Malheureusement, à son décès en 1993, sa succession a été mal réglée. Elle a été très mal réglée et le fait de régler la succession de cette façon-là nous a amené les conflits que nous connaissons depuis 1993 jusqu’à aujourd’hui. »,… « …Non, les gens ont cru qu’avec la mort d’Houphouët, le pouvoir était suffisamment fragile, faible, pour armer quelques jeunes gens, et venir s’emparer du pouvoir et de la Côte d’Ivoire… »

La « période houphouëtienne » de M. Gbagbo part-elle donc de 1945 au 29 novembre 2009, jour des élections en Côte D’Ivoire ? Ou plutôt de 1993 au 29 novembre 2009 ? Ou alors, l’ère comprend deux parties : celle de 45 à 93 et celle de 93 à 09 ? Comment a été, réellement, réglée cette succession ? Qui sont « les gens » qui ont cru? De quels « jeunes gens » s’agit-il ? Quelle est cette nouvelle période qui va s’ouvrir ? Tout ceci est bien opaque, mais rien que le fait de poser ces questions, mène déjà vers un éclaircissement de plusieurs points délibérément maintenus flous.

En fait, Félix Houphouët-Boigny est décédé le 7 décembre 1993 à Yamoussoukro. La Constitution a été respectée, malgré de légères tensions, pour la succession. Les « jeunes gens » qui ont été armés dans la jeune histoire de la Côte D’Ivoire après cette date, ne peuvent qu’être : d’une part, que ceux qui ont planifié et exécuté le coup d’état qui a illégalement renversé les institutions de la République de Côte D’Ivoire, le 24 décembre 1999. Soit six années après le décès de Félix Houphouët-Boigny. D’autre part, ce ne peut être aussi que ceux qui ont planifié et exécuté la tentative de coup d’état du 19 septembre 2002 – soit neuf années après 1993 –, muée en rébellion sanglante, qui a contribué à prolonger le renversement illégal des institutions de la République de Côte D’Ivoire du 24 décembre 1999. L’histoire récente nous enseigne que ces deux groupes forment aujourd’hui les héritiers du coup d’état de 1999, qui ne se sont pas entendus sur le partage du pouvoir, précipitant ainsi la vengeance du 19 septembre 2002, qui a finalement aboutit à un arrangement à l’amiable, un partage du pouvoir de façon équitable cette fois-ci, consacré par les multiples et interminables accords de Ouagadougou.

Alors pour M. Gbagbo Laurent, comprenons le bien : « … Mon espérance, ma foi et ma conviction, c’est que, après avoir connu la partie la plus aiguë de cette crise née de la mort d’Houphouët-Boigny et qui est la guerre, l’élection que nous allons connaître va mettre une fin définitive et à cette crise et à cette ère. C’est pour cela que je suis candidat… »Par conséquent, selon cette logique de M. Gbagbo Laurent, 1999 et 2002 ont été planifiés avant ou juste après le décès de Félix Houphouët-Boigny, et exécutés respectivement, six années et neuf années plus tard ? C’est également « l’ère houphouëtienne » de M. Gbagbo Laurent qui a créé la guerre débutée le 19 septembre 2002, entre autres. Au moins la seconde partie de cette « ère ». C’est donc Félix Houphouët-Boigny qui est responsable des attaques du 19 septembre 2002 ? C’est incompréhensible à ce niveau. Pour être sérieux, juridiquement, Félix Houphouët-Boigny est responsable de ses différents mandats, de 1960 à 1993. Il a de façon responsable, empêché la déstabilisation des Institutions de la République de Côte D’Ivoire, dont il était constitutionnellement garant. Contrairement à M. Gbagbo Laurent, qui a gravement échoué à son devoir constitutionnel, en trahissant la Côte D’Ivoire. Comment peut donc, Félix Houphouët-Boigny, être responsable d’événements survenus en 2002, ou même en 1999 et le lendemain du 7 décembre 1993 ? Surtout les événements intervenus durant le mandat illégalement prolongé, de M. Gbagbo Laurent, du 26 octobre 2000 à aujourd’hui. Comme si Henri Konan Bédié, le Général Robert Guéï, et M. Gbagbo Laurent lui-même, n’ont pas existés. Ils ne sont responsables de rien. Ils n’ont rien fait du tout. C’est Félix Houphouët-Boigny qui a pris toutes les décisions, y compris celle d’attaquer le pays le 19 septembre 2002, celle de renverser les institutions de la République le 24 décembre 1999, et celle de déclarer la guerre, de lancer l’opération dignité, d’ordonner la chasse aux Français, etc… ? C’est incompréhensible. En ajoutant des données à cette réflexion on peut ébaucher une piste de compréhension.

M. Gbagbo Laurent continue en nous disant de : « …mesurer la portée historique de cette élection. Ce n’est pas le fait seulement de changer les institutions et de chercher de nouveaux hommes, mais le fait que véritablement, nous changeons d’époque. Et il nous faut changer d’époque. Il nous faut changer cette ère où, pour s’éterniser ou avancer, » selon M. Gbagbo Laurent, « on pensait qu’avec les coups d’états, on pouvait changer de régime… »Est-ce cela la « période houphouëtienne » de M. Gbagbo Laurent ? Au moins celle de 93 à 09 ? Qui pensaient changer de régime avec les coups d’états, pour « s’éterniser où avancer » ? Certainement pas Félix Houphouët-Boigny. Ce sont plutôt « les gens » qui « …ont cru qu’avec la mort d’Houphouët, le pouvoir était suffisamment fragile, faible, pour armer quelques jeunes gens, et venir s’emparer du pouvoir et de la Côte d’Ivoire… ». C’est logiquement alors, tous ceux qui ont applaudis 1999, tous ceux qui ont dit, comme M. Gbagbo Laurent, que 1999 faisait « avancer la démocratie », tous ceux qui ont planifié et exécuté 1999, ainsi que tous ceux qui ont constitutionnalisé, donc légalisé les coups d’état depuis 2000. M. N’Zi Paul David, directeur de cabinet de M. Gbagbo Laurent, avait dit à Paris, que « …le coup d’état de 1999, c’était contre les Baoulés… » Avec cet éclaircissement actuel de M. Gbagbo Laurent, on comprend alors qui sont les vrais auteurs de 1999 et de 2002. On comprend également leurs mobiles, leurs motivations : il fallait changer « l’ère d’Houphouët » a tout prix. « …L’ère d’Houphouët-Boigny est terminée… », scandait déjà avec fermeté, il y a neuf ans, M. Gbagbo Laurent, après les élections truquées d’octobre 2000. Aujourd’hui, en octobre 2009, M. Gbagbo combat toujours Félix Houphouët-Boigny, tout en se positionnant comme le plus grand houphouëtiste, et en voulant paradoxalement, effacer l’houphouëtisme, faussement ternit, que les populations conscientes et éprises de paix, regrettent plus que jamais.

En vue donc de « s’éterniser et d’avancer », M. Gbagbo Laurent qui veut imprégner sa marque en ouvrant sa période gbagboïenne, doit effacer la « période houphouëtienne » qui le gêne énormément, afin de remplacer Félix Houphouët-Boigny, et se présenter comme le nouvel « homme de paix » légitimé. Pour cela, il assimile insidieusement son « ère houphouëtienne » à une période de putschs, tout en rejetant par la même occasion, la faute de la guerre, dont il est pourtant juridiquement responsable, sur Félix Houphouët-Boigny, en vue de mieux faire accepter la nécessité « d’effacer » Félix Houphouët-Boigny. D’où le choix péjoratif, négatif, calculé, du qualificatif « houphouëtienne » comme politique politicienne, plutôt que de l’ère houphouëtiste ou tout simplement de l’houphouëtisme, termes positifs, plus communément utilisés.

Ainsi donc, « les gens » qui ont cru : les dirigeants illégitimes actuels, et qui veulent « s’éterniser et avancer » maintenant dans la légalité, pensent qu’il leur faut mettre fin à la prétendue « ère houphouëtienne » de M. Gbagbo Laurent, par les élections du 29 novembre 2009, afin d’ouvrir une nouvelle période, l’ère gbagboïenne.

 Malheureusement donc pour eux, ceux qui veulent « effacer » Félix Houphouët-Boigny, se sont rendu compte qu’ils demeurent sur des institutions renversées depuis 1999, sur une Côte D’Ivoire renversée, donc qu’ils sont illégitimes, car ils règnent dans l’illégalité. Ils règnent par la dictature et la terreur, par la force des armes, plutôt que par les lois d’une République. Ils ne sont donc pas respectés. Ils sont légalement contestés. Ils en subissent le poids à présent. Enfin ! Quel bonheur pour le Grand Peuple de Côte D’Ivoire. Ils veulent maintenant être respectés. Pour se faire respecter, il faut changer cette ère que  M. Gbagbo Laurent attribue fallacieusement pour tromper le Peuple, à Félix Houphouët-Boigny tout en lui imputant par-dessus tout, toutes les crises survenues après 1993, comme si ce dernier faisait la promotion des putschs et des guerres, en son temps. Il faut donc que « les gens » qui ont cru, soient légitimés, donc légalisés à des élections libres, propres, et claires, alors incontestables, afin d’effacer définitivement les années illégales donc illégitimes de 1999 à 2009, les années de non respect. Ce qui n’est pas si sûr.

Un vrai dilemme en perspective, qui explique les hésitations et autres reports illégaux, intempestifs de l’expression souveraine du Grand Peuple de Côte D’Ivoire, dans les urnes. On n’a pas pu « s’éterniser et avancer » illégalement dans la violence, dans la dictature, et avec les putschs. Il faut donc changer d’époque, changer de stratégie, il faut forcément se résoudre à « s’éterniser et » à « avancer » légalement dans les urnes et dans la paix alors ? C’est la nouvelle période, qu’ils veulent ouvrir après le 29 novembre 2009, la nouvelle ère gbogboïenne, l’ère du « nouvel homme de paix » qui est pourtant le « Woody », l’ère de « l’enfant des élections », qui a pourtant une peur bleue des élections. Vive le retour de la souveraineté du Peuple ! Vive le retour de la République ! Vive les élections ! Des élections libres, propres, et claires qui nous situeront le 29 novembre 2009.

 
Sources des citations récentes de M. Gbagbo Laurent : Notre Voie - 17/10/2009

Par Dahouet-Boigny Armand André - Publié dans : Politique
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 12:21

Monsieur Gbagbo Laurent affirmait le jour du dépôt de sa candidature le vendredi 16 octobre 2009 à Abidjan, toute honte bue, qu’il est candidat à l’élection présidentielle du 29 novembre 2009, pour entre autres, « continuer le combat que nos parents ont commencé depuis les années 40 et que certains ont abandonné. » Il veut parler de la lutte pacifique du RDA Rassemblement Démocratique Africain, dont Félix Houphouët-Boigny était le Président.

M. Gbagbo Laurent, permettez-moi de vous dire que je connais la lutte du RDA, je connais aussi son Président Félix Houphouët-Boigny. Vous, M. Gbagbo Laurent, n’êtes pas Félix Houphouët-Boigny, et vous ne pourrez jamais l’être. Vous ne pourrez jamais non plus continuer la lutte pacifique du RDA, pour plusieurs raisons : vous ne connaissez pas l’histoire du RDA, vous ne connaissez pas la raison de la création du RDA, vous n’avez pas les qualités et les valeurs requises pour continuer la lutte du RDA, vous avez même combattu le RDA et son Président Félix Houphouët-Boigny,  par la violence, l’appel à la haine et l’incitation au meurtre, pendant 30 ans au moins. Aujourd’hui, vous voulez à la fois effacer « l’ère de Félix Houphouët-Boigny » et continuer son combat. Vous avez une historique d’appels à la haine et d’incitations au meurtre, comme celle communément minimisée sous le terme : « boycott actif de 1995 ». Vos appels à la haine et vos incitations au meurtre, ont entrainé l’assassinat d’opposants à votre politique après le 19 septembre 2002, l’assassinat du journaliste Français de RFI, Jean Hélène le 21 octobre 2003, les massacres des 24, 25, et 26 mars 2004, la disparition le 16 avril 2004, du journaliste Français-canadien Guy André Kieffer, les massacres des jeunes lors du siège de l’Hôtel Ivoire le 4 novembre 2004, de multiples exactions de vos milices tribales, etc.

La lutte du RDA n’était pas et n’est toujours pas faite d’appels à la haine, ni d’incitations au meurtre, au contraire elle était pacifique, non-violente, et l’est toujours aujourd’hui.

Le R.D.A. a été créé en tant que mouvement politique pacifique de masse pour soutenir les élus mis volontairement en minorité par l’administration coloniale, après le retrait du titre VIII :

« Mais nous avons si bien travaillé qu’à la première constitution, au titre VIII, nous avons obtenu l’augmentation de la représentation des Territoires d’outre-mer. Malheureusement, cette constitution a été rejetée sur la demande du général de Gaulle ; non pas contre nous, mais à cause de la partie concernant la République française.(…)Nous avons donc demandé que nous soyons appuyés par un grand mouvement  africain, un grand mouvement populaire qui pourrait soutenir notre action au parlement français, prolonger l’action que nous-mêmes nous venions de mener dans la diversité, (…) donc nous aurions un mouvement populaire en Afrique, indépendant de toute formation politique métropolitaine – soulignons cela –, et dont les élus seront autorisés, pour plus d’efficacité dans leur action, à s’inscrire à telle ou telle formation politique française. »

La stratégie subtile de répression des colons pour contrecarrer le RDA, impliquait qu’il fallait empêcher les réactions violentes des militants du RDA, aux provocations pièges des colons, qui entraînaient systématiquement, les assassinats impunis des militants. C’est ainsi que le président du RDA a enseigné la non-violence, grâce à l'amour fraternel : la capacité de fraterniser, et de pardonner inconditionnellement. En effet, parce que, piégés dans la haine, enchaînés par la haine, et maintenus dans des incarcérations de haines, donc réduits à létat desclaves de la haine, dominés par la haine, la moindre provocation appelait une réaction violente qui était alors réprimée, souvent dans le sang, puis justifié par des prétextes de "légitime défense". Il fallait donc éviter de répondre aux provocations.

Ecoutez donc pour la première fois le Président Félix Houphouët-Boigny vous enseigner la leçon que vous n’avez pas voulu apprendre pendant toutes vos années d’opposant violent à la politique de Félix Houphouët-Boigny.

« Alors notre combat a été de réduire les effets des provocations. On a envoyé Sékou Baradji provoquer nos braves militants de Bouaflé ; ils ont répondu. On a tiré sur eux impunément. Cela a été le cas sur le marché de Séguéla.

J’ai dit non. Ce n’est pas notre combat. D’abord, notre combat à nous est pacifique. Nous ne devions pas tomber dans des provocations. On a dit : "Pourquoi ce combat a-t-il été pacifique ?" Je tiens à vous le dire sans rougir ; ça a dépendu beaucoup de moi. J’arrive à Bingerville. Le père Gorju m’entreprend et il me convainc. Et j’abandonne l’animisme, les fétiches et me fait baptiser, un an plus tard. Puis je reviens à Yamoussoukro, alors j’ai compris. (...)

Et j’ai pris, moi, la décision de ne jamais faire verser le sang humain ; on en a trop versé dans ma petite famille, et dans toutes les familles Akan. J’ai donc pris la décision de ne jamais faire verser le sang ni par moi, ni à cause de moi, en Côte-d’Ivoire ou ailleurs dans le monde. (...)Si vous aimez votre prochain comme vous-même, vous ne pouvez pas vous satisfaire de son malheur. Vous devez aussi ne pas faire de mal à autrui. Vous ne pouvez pas vous satisfaire du malheur qui arrive à autrui ; c’est comme si le malheur vous arrivait à vous. C’était notre philosophie à nous. Je l’ai trouvée grâce au R.P. Gorju dont j’entretiens aujourd’hui la tombe à Bingerville. (...) la vie de ces hommes (les colons) appartient à Dieu, comme la nôtre. Dieu seul doit la leur reprendre. Nous luttons contre l'existence de leurs privilèges, et avec l'aide de Dieu, nous tuerons leurs privilèges – et nous avons réussi – mais, de grâce, ne tuez personne ! Nous gagnerons. L'amour l'emportera sur la haine. Et on a accepté ;…

Et c'est la longue traversée du désert pour le R.D.A., une marche douloureuse de 1946 à 1956, date à laquelle, pour la première fois, un ministre français, feu Guy Mollet, a appelé le R.D.A. à collaborer avec le gouvernement français, alors que nous avions été considérés, même malgré le dé apparentement, comme l'avant-garde du communisme, et comme tels combattus.

Nous ne sommes pas venus faire de procès. Nous sommes venus pour écrire l'histoire authentique du R.D.A. Mais de 1946 à 1956, seuls les militants du R.D.A. ont été combattus. Ils ont subi la répression la plus sauvage, parfois même sanguinaire. Où étaient les autres? Il y en a beaucoup qui veulent parler de la lutte anticolonialiste. Pendant ce temps-là, de 1946 à 1956, ils étaient avec les formations qui réprimaient. Certains étaient membres du gouvernement. Nous avons connu nos Soweto, non par le nombre des victimes, mais par la façon dont on a tué les uns et les autres. Nous avons connu nos Soweto, à Dimbokro, à Bouaflé, à Séguéla. On a fusillé froidement des manifestants sans armes, comme à Soweto. Personne ne nous a aidés à défendre la mémoire de ceux-là. Certains même à l'Assemblée ont pris la parole, pour nous faire passer, nous assassinés, pour des assassins.

 

Et nous avons voulu la lutte pacifique et vous devez continuer cette lutte pacifique, mes chers frères. C’est très difficile. Vous dépasserez le cadre de la Côte-d'Ivoire. Voyez-vous, nous avons allumé le feu de la liberté, de l'émancipation sur les bords du Niger en créant le R.D.A. ; et nous entretenons pour le R.D.A. dans son ensemble cette flamme, à Abidjan, à Yamoussoukro, en Côte-d'Ivoire, pour éclairer le chemin de la Côte-d’Ivoire, le chemin difficile qui conduit au progrès, donc au bonheur dans la paix, dans la justice, dans la solidarité, dans la fraternité et dans l'amour.

Nous avons gagné la bataille politique, nous luttons pour la bataille économique. Elle est dure. Mais nous vous engageons déjà à vous armer pour la vraie bataille, celle que Dieu prêche à travers le monde depuis sa création, la bataille pour la paix promise aux hommes de bonne volonté, à tous les hommes.

Nous voulons que, sérieusement, on indique aux décideurs de la guerre et de la paix les moyens de parvenir à la paix, de détruire la citadelle de méfiance qui rend impossible toute solution de paix. Tant que cette muraille restera intangible, on se réunira mille fois à Genève, mille fois en Islande, rien n’en sortira.

Voyez-vous, notre combat n'est pas terminé, il ne sera jamais terminé. Le vrai combat demeure, c'est le combat pour la paix. Et vous êtes mieux armés, vous qui avez souffert du mépris des autres. Si vous dépassez ce mépris dans lequel on vous a longtemps tenus, pour considérer que les hommes sont tous des frères, créés par le même Dieu, Dieu vous aidera à gagner la vraie bataille, la bataille pour la paix qu'il a promise aux hommes de bonne volonté, à tous les hommes. Merci. »

Alors, vous voyez M. Gbagbo Laurent, que vous êtes loin de ce genre de lutte pacifique. Vous êtes totalement à l’opposée de cette lutte pacifique. Vous voulez vous fabriquer une image de défenseur des Africains, en imitant Félix Houphouët-Boigny, et en l’effaçant par la même occasion. Mais le président du RDA lui ne cherchait pas la gloire, il recherchait l’émancipation de l’homme Africain, dans la dignité et la solidarité. Il était humble, constamment à la recherche de l’unité : rassembleur, il aimait sont prochain comme lui-même, il venait à bout du mal par le bien en dénonçant l’injustice pour pardonner et même oublier :

« …nous avons oublié, parce que nous devons le faire, et nous  considérons notre coopération avec la France sous un autre angle. Nous coopérons étroitement avec la France éternelle quels que soient les hôtes éphémères de l’Elysée.

Voyez, je demande à mes frères, dans tous les cas, dans les relations humaines, d’aller jusqu’à l’oubli. Dieu a donné la vie aux hommes mais Dieu a aussi enseigné aux hommes l’oubli. Personne ne pourrait survivre aux malheurs qui nous frappent si nous ne cultivons pas l’oubli. Le R.D.A. sait oublier. Ceux qui l’ont maltraité, nous les avons oubliés, non pas avec mépris, mais nous les avons traités comme des frères malheureux. »

Le président du RDA enseignait la paix avec zèle. Cela lui a valu un prix de paix internationalement reconnu, portant son nom : le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Vous M. Gbagbo, vous voulez être le champion de l’Afrique, vous n’êtes pas humble, vous êtes loin d’être rassembleur, vous divisez plutôt vos propres compatriotes. Vous ne recherchez pas constamment l’unité de vos compatriotes. Vous ne dénoncez pas l’injustice pour pardonner et même oublier, mais vous dénoncez pour appeler à la haine et inciter au meurtre : vous n’aimez donc pas votre prochain. Vous avez, en novembre 2004, envoyé des masses de jeunes sans armes à l’abattoir, contre l’armée française aguerrie et techniquement supérieure.Vous avez accompagné l'appel à la haine des Français et la chasse à l'homme Français, en Côte D'Ivoire, en novembre 2004, sans aucune condamnation. Et vous n’enseignez pas la paix, vous la recherchez en vain. Vous ne savez pas où elle se trouve, vous n’êtes pas un homme de paix, vous êtes un homme de guerre, un guerrier, un dur, surnommé pour cela « le Woody ». Vous faites la promotion de la mort des jeunes pour leur patrie, alors que le président du RDA, faisait la promotion de la vie :

« Mais moi, conduisant des peuples, je n’ai pas le droit d’entraîner des frères dans des guerres fratricides ! (…) C’est la raison pour laquelle je refuse pour mon pays une politique qui mène au déchirement, à la guerre civile ; non, je ne le ferai pas ! (…) Il faut réfléchir quand on a la responsabilité des hommes ; on ne prend pas ses désirs pour des réalités. Il faut du temps.», « …on vous dira : « Celui-là ne veut pas se battre. » II faut savoir se battre, pas se battre pour perdre, se battre pour gagner, pour vivre et survivre. » 

D’un autre côté, l’idéologie du RDA n’est pas socialiste ultra nationaliste aux relents fascistes et marxistes léninistes :

« Ce que veut l’Ivoirien, c’est le partage de la richesse et non de la misère. Et pour ce faire, il doit, avant tout, contribuer à créer ces richesses. Ce que nous voulons, c’est réaliser un social des plus hardis. Nous sommes en bonne voie »[1]

« Notre système ne relève pas du libéralisme mais de l’économie planifiée. Nous ne sommes pas des socialistes, dans la mesure où nous ne sommes pas partisans de la distribution prioritaire des richesses et dans la mesure où nous voulons d’abord susciter leur création et leur multiplication… Mais nous voulons que la croissance profite à tous ceux qui en sont les artisans, nous envisageons un programme hardi de réformes sociales à partir du développement de nos richesses nationales » 

C’est cela l’idéologie du RDA, le pragmatisme.

Vous, vous êtes un socialiste, ultranationaliste, marxiste, léniniste : vous croyez au partage de la richesse d’abord, vous vous êtes ainsi servi du renversement des valeurs morales afin de pouvoir facilement pratiquer la révolution permanente et la dictature du prolétariat pour créer une société sans classes et sans Etat avec une utopique, irréaliste, démagogique, distribution égale des biens économiques. En d’autres termes, vous vous êtes servi de Nietzsche pour instaurer le Marxisme-léninisme.

Le bilan et l’héritage du RDA ce sont les Indépendances politiques, que vous reniez. Il reste à accomplir l’indépendance économique et la paix mondiale, comme le disait Félix Houphouët-Boigny. Tout un programme de gouvernement qui ne convient pas à un homme de guerre : à un guerrier. Vous ne pouvez donc pas reprendre le combat du RDA, car non seulement vous n’en avez pas les valeurs, les qualités, et les capacités requises, mais aussi et surtout, parce que le combat du RDA n’a pas été abandonné. Il continue. Mais vous êtes excusable, car vous n’êtes pas du RDA, vous ne connaissez pas le RDA, vous ne pouviez donc pas savoir que la lutte continuait pacifiquement comme l’avait dit son président du 18 au 25 octobre 1986, à Yamoussoukro, lors du Colloque International. Si vous connaissiez donc la lutte du RDA, vous n’auriez pas dit qu’elle a été abandonnée. Vous reniez les Indépendances politiques, œuvres et héritages du RDA, et vous voulez, paradoxalement, continuer la lutte du RDA ? C’est plus qu’une honte, c’est une disgrâce pour l’Afrique.



[1]Jonas Daniel Rano, " « La Paix, Ce N’Est Pas Un Mot, C’est Un Comportement » Félix Houphouët-Boigny," Racines & Couleurs, (1997), 26.

 

Toutes les autres citations de Félix Houphouët-Boigny sont tirées de: RDA, Rassemblement Démocratique Africain, 40 ans, Actes Du Colloque International De Yamoussoukro, 18-25 Octobre 1986. II. Abidjan : CEDA, 1987.

Par Armand André Dahouet-Boigny - Publié dans : Politique
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /2009 07:47

199

Le 19 septembre 2002, le MPCI, le MPIGO, et le MJP, regroupés plus tard en Forces Nouvelles, massacraient les pauvres populations Ivoiriennes, sur leur chemin de vengeance du charnier de yopougon, de lutte contre l’exclusion des Ivoiriens du Nord, de vengeance de l’assassinat du général Guéï Robert, et de la soif acharnée du pouvoir politique, et économique rapidement acquis, par la violence, l’assassinat, et le meurtre. La résistance du pouvoir FPI face aux rebelles, a occasionné les tueries et les violations de droits humains suivantes.

Aujourd’hui, 7 ans après, samedi 19 septembre 2009, La justice ivoirienne et la Cour Pénale Internationale, n'ont pas enquêté, ni encore moins poursuivi dans la majorité de ces crimes.

 

Au nombre des personnes, liées ou non au conflit, tuées :

Abidjan : le ministre de l'Intérieur, Emile Boga Doudou tué par les rebelles. (199)

Abidjan, Le général Gueï, et ses proches, dont son aide de camp Fabien Coulibaly, massacrés par la gendarmerie. (199)

Bouaké : commandant militaire de la région de Bouaké centre, le lieutenant-colonel Dagrou Loula et le colonel Dali Oblé, massacrés par les rebelles. 

Abidjan, 20 septembre 2002 : Aboubacar Dosso, aide de camp de M. Alassane Dramane Ouattara l'ancien Premier ministre, tué par des hommes armés.

Bouaké, 6 octobre 2002 : 131 personnes dont 61 gendarmes, 61 de leurs enfants ou neveux, et 7 civils massacrés par les rebelles.

Monoko-Zohi, 5 décembre 2002 : 120 travailleurs Ivoiriens, burkinabés, maliens, guinéens, nigérians, massacrés par les militaires Ivoiriens.

Bangolo, 6-7 mars 2003 : 200 femmes, hommes, enfants, dans les quartiers Dioulas, exécutés chez eux, par des miliciens Libériens a la solde du pouvoir FPI.

Abidjan, 21 octobre 2003 : Jean Hélène (Christian Baldensperger), journaliste correspondant de RFI est assassiné par le sergent de police Seri Toulou Dago Théodore.

Abidjan, 24, 25, et 26 mars 2004 : 300 à 500 tués par les forces de défense et de sécurité, les « patriotes », la FESCI, et les milices tribales, lors d’une tentative de marche pacifique pour l’application des accords de Marcoussis, qui n’a pas eu lieu. 37 tués officiellement, 120 tués selon un rapport de l’ONU.

Abidjan, 16 avril 2004 : enlèvement, séquestration, et assassinat du journaliste Franco-canadien Guy-André Kieffer. Les enquêtes sont en cours.

Korhogo, 20 et 21 juin 2004 : massacre entre rebelles pro-Soro Guillaume (secrétaire général des Forces Nouvelles) et Pro-IB (sergent-chef Ibrahim Coulibaly), faisant 99 à 130 morts, plus environ 60 prisonniers morts par suffocation dans un conteneur sous le soleil. Au total environ 231 à 500 morts, en majorité des pro-IB.

Bouaké, 4 novembre 2004 : Opération dignité, le bombardement des positions rebelles, par le pouvoir FPI, fait 85 civils tués.

Bouaké, 6 novembre 2004 : bombardement de la base militaire française 2ème RIMA, RICM, 515ème régiment du train, avec 9 morts et 37 blessés, par le pouvoir FPI.

Abidjan, 7 novembre 2004 : les militaires Français font 67 morts et 2 226 blessés (291 par balles) dans les foules de manifestants Ivoiriens envoyés contre eux, par les chefs des « patriotes », dont Charles Blé Goudé.

Duékoué : 9 tués, 29 blessés (21 par balles) par l’armée Française.

Gagnoa : 7 tués, 55 blessés (4 par balles)

Abobo : 1 tué, 91 blessés (1 par balles)

Yopougon : 7 tués, 297 blessés (19 par balles)

Siégouékou, 25 décembre 2004 : pour causes de conflits fonciers, 16 villageois tués par des hommes armés, 2 assaillants tués par la gendarmerie.

Quartier Carrefour, fief de la milice FPI Apewê membre du FLGO (Front de Libération du Grand-Ouest) interdit aux immigrés et aux Yacoubas, 17 mai 2005 : M. Ouattara, un commerçant Sénoufo trouvé mort.

Bahoubly et Diahouin, en bordure de la zone de confiance : 3 chauffeurs Burkinabès et 5 chauffeurs Malinkés dans le transport privé sont assassinés.

Entre Guitrozon et Petit-Duékoué, 27-28 mai 2005 : 5 jeunes Sénoufos tués rituellement (sexes arrachés), l’Imam Fofana Mamadou de la mosquée Mahou au quartier petit Duékoué assassiné.

Petit-Duékoué et Guitrozon, 1er juin 2005 : 15 et 36 Guérés massacrés par balles, à l’arme blanche, ou brûlés vifs, par des mercenaires Libériens Krahn, par vengeance contre une milice Guéré pro-FPI qui les avaient sollicités pour une attaque d’un village d’immigrés, en échange de rémunération non payée. Les militaires Ivoiriens dans la ville de Duékoué et aux alentours, n’ont pas réagis sous ordre. Des forces de sécurité à quelques centaines de mètres seulement de la scène des tueries, n’ont pas réagis. D’autre part, ces mêmes tueries sont également attribuées aux rebelles des Forces Nouvelles.

Diapahi : 73 morts. Environ 124 à 130 tués en tout.

Bouaké, 29 juin 2007 : attentat à la roquette contre l’avion transportant M. Soro Kibafori Guillaume, fait 4 morts et 10 blessés. Aucun indice sur les commanditaires.

Sans oublier les cas de tortures sauvages, dégradantes, et inhumaines, (dans les deux camps) et les viols collectifs perpétrés sur des femmes et des jeunes filles de 12 ans.

 

Ce bilan non exhaustif, sera progressivement mis à jour suivant mes recherches sur les tueries du 19 septembre 2002 à aujourd’hui, en mémoire des victimes.

Sources :

http://www.sangonet.com/Fich5ActuaInterAfric/MutinerieCIsept02.html

http://www.globalsecurity.org/military/library/news/2005/07/mil-050707-3bbcef8c.htm

http://www.abidjantalk.com/forum/viewtopic.php?t=4986

http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_politico-militaire_en_C%C3%B4te_d'Ivoire#L.27op.C3.A9ration_Dignit.C3.A9

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_d%C3%A9taill%C3%A9e_de_la_guerre_civile_de_C%C3%B4te_d%27Ivoire#La_reprise_de_la_guerre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_contre_Guillaume_Soro_du_29_juin_2007

Par Armand Dahouet-Boigny - Publié dans : Politique
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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /2009 15:43

Hier, mardi 7 juillet 2009, à Paris, au siège de l'UNESCO, s'est déroulée la cérémonie de remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Le lauréat de cette édition 2008, est le président de la République du Brésil, M. Louis Ignacio Lula Da Silva, qui s'est distingué dans ses actions en faveur de la recherche de la paix, avec la promotion du dialogue, l'application de la démocratie, le respect de la justice sociale, l'observation de l'égalité des droits, l'éradication de la pauvreté, et de la protection des droits des minorités.

Pour ceux donc qui pensent que Félix Houphouët-Boigny était un dictateur sanguinaire, qu'ils sachent qu'il n'existe pas de prix de paix, mondialement reconnu, Idi Amin Dada de l'Ouganda, il n'existe pas de prix de paix Hissein Habré du Tchad, il n'existe pas de prix de paix Mobutu Sese Seko de la RDC, il n'existe pas de prix de paix Charles Taylor du Libéria, et ainsi de suite.

Pour ceux qui pensent qu'Il faut bâtir la paix plutôt que la rechercher, pour ceux qui pensent que la paix se résume au simple respect des lois, je dirais que l'homme de paix enseigne la paix, mais que l'homme de guerre recherche la paix en vain. Quant on se dit houphouetiste et qu'on affirme : « ...On n'économise jamais l'argent des armes pour construire des écoles, des dispensaires... », quant on se dit houphouetiste et qu'on évite les cérémonies de remise d'un prix de paix portant le nom du premier Président de la République de Côte d'Ivoire moderne, qui rend par conséquent hommage à la Côte D'Ivoire toute entière, on est bel et bien un homme de guerre qui recherche effectivement la paix en vain.


Par Armand Dahouet-Boigny - Publié dans : Politique
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /2009 11:39

 

Cher grand peuple souverain de Côte D'Ivoire, comme vous l'avait dit le ministre Anaky Kobenan, sans préciser la voie à suivre, notre Loi Fondamentale nous appelle à prendre nos responsabilités souveraines. C'est-à-dire exprimer notre souveraineté en choisissant nos dirigeants, à commencer par le Président de la République. Etant donné que les dirigeants illégaux et illégitimes actuels refusent d'organiser les élections conformément à notre Loi Fondamentale, en osant reporter illégalement, de façon intempestive l'expression souveraine du peuple depuis le 26 octobre 2005, le peuple souverain de Côte D'Ivoire, est en droit de réagir légalement.


En effet, non seulement les Droits et les Libertés du peuple en général sont violés (reports illégaux et intempestifs des élections), mais de façon individuelle aussi, on a assisté à des violations du droit à la vie de citoyens, des violations du droit et de la liberté de grèves réprimées violemment, des violations du droit et de la liberté d'expression de citoyens et de la presse, des violations du droit et de la liberté de manifestations pacifiques de citoyens, et des violations du droit et de la liberté de ministres et de députés de la Nation : des manifestants contre les déchets toxiques et contre l'inflation des produits de consommation ont été tués, des enseignants en grèves ont été arrêtés agressés et enfermés, le procureur de la république a ordonné aux entreprises de presse d'empêcher la libre expression des citoyens dans leurs journaux, les sièges d'entreprises de presse ont été détruits impunément, des journaux ont été détruits impunément, des sièges de partis politiques ont été détruits, le ministre Kobenan Adjoumani a été illégalement jugé par un tribunal plutôt que par la Haute cour de justice inexistante, le jeune citoyen Assalé Tiémoko a été illégalement emprisonné pour avoir dénoncé la corruption, le journaliste Nanankouah Gnamantêh a été illégalement arrêté et emprisonné pour un article intitulé « Ali Baba et les 40 Voleurs », le ministre et député Anaky Kobenan a été illégalement arrêté et emprisonné par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) sur l'ordre de l'armée (infiltrée, rappelons le, de militants FPI) pour avoir appelé le peuple de Côte D'Ivoire à exprimer sa souveraineté, l'armée encore, qui a menacé le peuple en lui intimant l'ordre d'éviter d'exprimer sa souveraineté,... Nous, le peuple souverain sommes alors piétinés et bafoués dans nos Droits et nos Libertés d'expressions souveraines. Ceci en violation directe de notre Constitution.


Notre Constitution donne pourtant, en son Article 39, un devoir d'obligation de protection des Droits et des Libertés des citoyens, au Président de la République, qui prête serment en ces termes : « Devant le peuple souverain de Côte d'Ivoire, je jure solennellement et sur l'honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les Droits et les Libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l'intérêt supérieur de la Nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis mon serment ».


De ce fait, le peuple de Côte D'Ivoire, dont les Droits et les Libertés sont piétinés et bafoués par celui qui a un devoir d'obligation de les protéger, se doit de retirer souverainement, conformément à sa Loi Fondamentale, sa confiance au Président de la République afin qu'il subisse la rigueur des lois pour avoir trahit son serment. La Constitution appelle donc le grand peuple de Côte D'Ivoire à retirer sa confiance aux dirigeants illégaux et illégitimes en portant plainte devant le procureur général pour accusation de haute trahison. La Constitution appelle le grand peuple de Côte D'Ivoire à destituer : à retirer légalement, souverainement, le pouvoir à M. Gbagbo Laurent qui pense être au dessus de la loi du peuple, en portant plainte contre lui devant le procureur général, afin qu'il soit jugé pour crimes de haute trahison, par la Haute cour de justice.


J'ai déjà répondu à l'appel de la Constitution depuis le 3 mai 2007, en portant personnellement l'accusation dans les bureaux du procureur général, avec la signature de sa secrétaire et le cachet de la Cour Suprême, faisant foi. Alors, grand peuple souverain de Côte D'Ivoire, la Constitution attend ta réaction légale et souveraine à son appel. Oui nous aussi nous pouvons porter plainte.

Par Armand Dahouet-Boigny - Publié dans : Constitution
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 17:38


(Pour Les Victimes des 24, 25, & 26 mars 2004)



Le 25 mars 2008, je dénonçais les massacres des 24, 25, et 26 mars 2004, perpétrés par les militants du Front Populaire Ivoiriens (FPI), infiltrés dans la police, la gendarmerie, et l'armée, avec à leurs côtés, les jeunes patriotes de Charles Blé Goudé, ainsi que les étudiants membre du syndicat : la FESCI, constituant les milices armées. Ces forces parallèles, financées et armées par les forces de défense et de sécurité, avec un soutien venant du palais présidentiel de M. Gbagbo Laurent. M. Gbagbo Laurent qui avait donc réquisitionné l'armée, la gendarmerie, et la police, en vue de contrer une suposée tentative insurrectionnelle populaire.

 

Officiellement, selon le bilan communiqué par la police Ivoirienne le 28 mars, il y a eu 37 morts, avec deux policiers tués. Selon l'opposition Ivoirienne, on compte 350 à 500 morts, en tenant compte des militants portés disparus. Selon le rapport de la commission internationale d'enquête du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, on dénombre macabrement, au moins 150 tués, 274 blessés, et 20 personnes disparues. Des chiffres que l'ONU affirme ne pas être définitifs.
 

En plus de ces violations massives des droits de l'homme, l'ONU dénonce des arrestations arbitraires massives, des tortures, des tueries non provoquées, et opérées pour la plupart dans les domiciles, suivant une opération bien planifiée.
 

Le rapport de l'ONU, confirme aussi que les manifestants, qui n'ont pas eu l'occasion de manifester pour l'application des accords de Linas Marcoussis, avant d'être massacrés, ne constituaient aucune menace. Il n'y avait pas de tentative d'insurrection du peuple envers l'Etat, ni d'infiltration venue du nord.
 

Nous attendons donc toujours la création d'un TPICI, Tribunal pénal international pour la Côte D'Ivoire. Pour que justice soit rendue aux familles des victimes, et afin que l'impunité dont jouissent les coupables soit à jamais exclue grâce à la « terreur que la justice aveugle » sèmera chez les violateurs impénitents des droits de l'humanité. 
Par Armand Dahouet-Boigny - Publié dans : Justice
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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /2009 16:04

PROPOSITION DE LOI BORIS DAHOUET-BOIGNY

 

Relatif à la correction du vide juridique apparu après le 26 octobre 2005, voyant la non tenue des élections générales, suivie des multiples reports anticonstitutionnels, jusqu'à ce jour mercredi 18 mars 2009, à travers

 

 L'amendement de l'Article 38 de la Constitution Ivoirienne.

 

PRÉSENTÉ
 

Au nom de BORIS DAHOUET-BOIGNY,
 

Mon fils unique,
 

Par M. ARMAND DAHOUET-BOIGNY,
 

Futur député Africain,


(Renvoyée à la commission des Lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale, sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)


Politique. - Constitution, droit

 

EXPOSE DES MOTIFS



Mesdames, Messieurs,


L'Article 38 de la Constitution du peuple de la République de Côte D'Ivoire, dit ce qui suit :

Art. 38. _ « En cas d'événements ou de circonstances graves, notamment d'atteinte à l'intégrité du territoire, ou de catastrophes naturelles rendant impossible le déroulement normal des élections ou la proclamation des résultats, le Président de la Commission chargée des élections saisit immédiatement le Conseil constitutionnel aux fins de constatation de cette situation.

         Le Conseil constitutionnel décide dans les vingt quatre heures, de l'arrêt ou de la poursuite des opérations électorales ou de suspendre la proclamation des résultats.

         Le Président de la République en informe la Nation par message. Il demeure en fonction.

         Dans le cas où le Conseil constitutionnel ordonne l'arrêt des opérations électorales ou décide de la suspension de la proclamation des résultats, la Commission chargée des élections établit et lui communique quotidiennement un état de l'évolution de la situation.

         Lorsque le Conseil constitutionnel constate la cessation de ces événements ou de ces circonstances graves, il fixe un nouveau délai qui ne peut excéder trente jours pour la proclamation des résultats et quatre vingt dix jours pour la tenue des élections. »

D'une part, comme vous pouvez le constater avec les caractères en gras, le législateur entend par opérations électorales, la journée du vote, et non la préparation des élections (processus électoral) à partir d'une prise de décret, ou le début du recensement des électeurs.
 

D'autre part, qu'est-ce que l'Article 38 ne dit pas ? L'Article 38 ne dit pas ceci :

Art. 38. Falsifié_ « En cas d'événements ou de circonstances graves, notamment d'atteinte à l'intégrité du territoire, ou de catastrophes naturelles rendant impossible le déroulement normal des élections, le Président de la République saisit immédiatement le Conseil constitutionnel aux fins de constatation de cette situation.

         Le Conseil constitutionnel décide. (...)

         Le Président de la République en informe la Nation par message. Il demeure en fonction. (...) »
 

C'est totalement faux. Qu'est-ce que le Conseil constitutionnel avait décidé? L'arrêt ou la poursuite des élections, ou encore la suspension de la proclamation des résultats? En fait, conformément à la Constitution rien, puisqu'il n'y a pas eu d'élections. C'est de la falsification, c'est du faux et usage de faux en loi constitutionnelle. C'est induire le peuple de Côte D'Ivoire en erreur pendant 4 ans. C'est ce qui a été « officiellement » démontré et fait pour demeurer, sans mandat du peuple Ivoirien, donc illégalement, illégitimement, impunément, et de force, au pouvoir depuis le 26 octobre 2005 à ce jour, en violation flagrante et extrêmement grave de la Constitution du peuple de Côte D'Ivoire.

Illustration: (mise à jour le samedi 30 mai 2009 à 15:03) 
Lors d'un entretien exclusif de M. Gbagbo Laurent accordé à FRANCE 24, diffusé le jeudi 28 mai 2009, voici ce qu'il a affirmé aprés la question pertinente de Stéphanie Antoine:

"...Mais M. le Président, votre mandat s'est interrompu en 2005 ?"

"Non ! Madame. La Constitution de Côte d'Ivoire que nous appliquons n'a pas dit ça. La Constitution de Côte d'Ivoire dit qu'en cas de difficultés graves, division du pays en deux par exemple et c'est écrit dans la Constitution, rendant impossible la tenue des élections, le Président de la République discute avec le Conseil constitutionnel, il s'adresse à la Nation et il reste au pouvoir. Ça c'est l'article 38 de la Constitution. Donc il ne faut pas dire que mon mandat est interrompu en 2005. 2005 c'était le terme normal s'il n'y avait pas eu de difficultés. Dès l'instant qu'il y a eu difficultés, la Constitution prévoit qui doit exercer le mandat présidentiel. Et c'est le président en place. C'est moi. Donc je ne fais rien d'anti-constitutionnel..." 

 
C'est la version mise à jour et diffusée mondialement, de l'article_38 falsifié, par M. Gbagbo Laurent, que je soulignais plus haut, le mercredi 18 mars 2009. Mieux qu'une interprétation, c'est une citation claire.

Sans mandat du peuple de Côte D'Ivoire, la Nation a été illégalement gouvernée, engagée dans des accords avec d'autres nations, pillée quotidiennement des ressources de ses contribuables. On a profité de l'ignorance du peuple, pour abuser de lui, pour piétiner sa souveraineté. Il y a eu sept reports illégaux de l'expression souveraine du peuple en trois ans! C'est plus qu'inacceptable. C'est un crime contre l'humanité, à condamner. Il faut donc impérativement, protéger la souveraineté du peuple.
 

Par conséquent, afin d'éviter aux générations futures de telles dérives antidémocratiques extrêmement graves pour la préservation et le respect de la souveraineté du peuple,
 

Il est proposé l'amendement de l'Article 38 comme ce qui suit :



PROPOSITION DE LOI

 


Art. 38. Nouveau



a) _ « Préalables : en cas d'événements ou de circonstances graves, notamment d'atteinte à l'intégrité du territoire, ou de catastrophes naturelles rendant instantanément impossible le déroulement normal du vote ou la proclamation des résultats, seul le Président de la Commission chargée des élections, peut saisir immédiatement le Conseil constitutionnel aux fins de constatation de cette situation.
 

b) _ Préalables : Le Conseil constitutionnel décide et annonce, dans les vingt quatre heures, de l'arrêt ou de la poursuite du vote ou de suspendre la proclamation des résultats.
 

c) _ Alors dans les conditions précédentes préalables uniquement, telles que définies aux alinéas a) et b), le Président de la République sortant, en informe officiellement la Nation par message. Il peut exceptionnellement, par conséquent demeurer en fonction.

       
d) _ Dans le cas où le Conseil constitutionnel ordonne l'arrêt du vote ou décide de la suspension de la proclamation des résultats, seule la Commission chargée des élections établit et lui communique quotidiennement un état de l'évolution de la situation.
 

e) _ Lorsque le Conseil constitutionnel constate la cessation de ces événements ou de ces circonstances graves, il fixe un nouveau délai qui ne peut excéder trente jours pour la proclamation des résultats et quatre vingt dix jours pour la tenue du vote.
 

f) _ Dans le cas où les conditions préalables définies, aux alinéas a) et b), ne sont pas remplies, et/ou les délais, à l'alinéa e) sont excédés, il y a vide juridique !
 

g) _ En cas de vide juridique, le gouvernement en cours et le Président de la République sortant, sont sanctionnés par un verdict de démission sans appel. Le peuple, par ses représentants à l'Assemblée Nationale, constitue une équipe transitoire de 3 vices présidents en leur sein, qui à leur tour forment une équipe de gestion des affaires courantes, jusqu'à la tenue du vote légal normal.» 
Par Armand Dahouet-Boigny - Publié dans : Proposition De Loi
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 00:52

J’AI UN REVE
 

Je vous dis aujourd’hui, mes frères et sœurs, que même si nous faisons face aux guerres du présent et du futur, j’ai toujours un rêve. C’est un rêve profondément enraciné dans la paix de Dieu.

 

J’ai un rêve qu’un jour, ce monde s’élèvera et vivra pleinement le sens réel de l’humanité : la vraie fraternité.

 

J’ai un rêve qu’un jour, sur le plateau du Golan, les fils et les filles de Juifs ainsi que les fils et les filles de Syriens, de Libanais, et de Palestiniens, seront capables de s’assoir ensembles à une table de fraternité.


J'ai un rêve qu'un jour, en Afghanistan ainsi qu'en Irak, Talibans et Américains, ainsi que Sunnites et Shiites, seront capables de dialoguer ensembles pour devenir des frères.

 

J’ai un rêve qu’un jour, même le continent Africain, un continent qui se nourrit de la pire des haines, qui se nourrit de la pire des vanités, et qui se nourrit de la pire des peurs, sera transformé en une oasis de liberté, de justice, de fraternité, donc de paix.

 

J’ai un rêve que mes enfants vivront un jour, dans un monde de « paix perpétuelle ». J’ai un rêve aujourd’hui !

 

J’ai un rêve qu’un jour, en Israël, des petits garçons Iraniens et des petites filles Iraniennes, seraient capables de joindre les mains avec des petits garçons Juifs et des petites filles Juives, en tant que frères et sœurs.

J’ai un rêve aujourd’hui.

 

J’ai un rêve qu’un jour, tous les hommes et les femmes sur la face de cette terre, comprendront que nous ne sommes que les différents membres d’un même corps, unis dans l’harmonie et la paix, pour la révélation de la gloire de Dieu.
Par Armand Dahouet-Boigny - Publié dans : Politique
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Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /2009 14:41


« La paix, somme toute, provient de la manière dont sont réglées les relations. Relations entre individus, entre groupes sociaux, entre Etats, entre cultures. Et la loi a précisément pour fonction d’énoncer les principes de cette coexistence. C’est cela qu’ont en commun, par-delà leur diversité historique ou culturelle, toutes les grandes pensées de la loi morale et de la loi civile.

Hobbes, Rousseau, Kant fourniraient ici des illustrations contrastées. Sans ignorer leurs points de divergence, on peut les rapprocher autour de cette idée : la paix est une conséquence de la loi. Chacun sait comment ces philosophes, et d’autres, ont élaboré des théories du contrat afin de fonder la paix sociale sur le règne de la loi, et comment ils ont étendu ces mêmes principes aux relations internationales pour aboutir à des projets de "paix perpétuelle". »

 

A ce niveau de l'argumentation de l'auteur, je m’arrête pour poser une question : sur quelles valeurs repose cette loi dont il parle et qui fait cette loi? En fait l’auteur décrit la finalité du mécanisme observable et imaginable qui installe un climat de paix – qui pourrait être forcé ou « dicté » – . Tandis que pour être effective à la fin, la vraie paix des cœurs doit aussi être au commencement du processus visant à induire cette paix, afin de prédisposer les hommes à prendre des lois justes établissant la seule paix durable : celle des cœurs. La paix étant fondée sur la parole de Dieu, elle est plutôt une conséquence de sa mise en application, ce qui permet de prendre des lois justes. Puis l’auteur, Roger-Pol Droit poursuit pour conclure en disant que :

 

« (…)La paix serait bien une utopie, une chose sans lieu,(…) Une telle paix n’est ni assurée ni même à proprement parler concevable. Sans doute peut-on s’efforcer de l’imaginer.

                   Ce sera à vous de le faire. »

 

Il est dans une incapacité, avouée, à cerner la paix mais s’efforce à l’imaginer, à la rechercher. Mais il la cherche dans les mauvais endroits car la paix n’est pas accessible à l’homme. L’homme est incapable de paix sans Dieu – et cela a été empiriquement démontré en Côte D’Ivoire, et le raisonnement en cours le re-confirmera – . C’est pour cela que l’auteur enfermé dans un cadre humain, ne peut même pas commencer à la cerner. Plus palpant encore, il cherche à l’imaginer, à la fabriquer alors que la paix a déjà été conçue et donnée gracieusement par Dieu. Il suffit de l’accepter afin que nous soyons rendus capables de paix.

 

         Un autre auteur membre de l’Académie Universelle Des Cultures, Furio Colombo se demande s’il existe une culture de la paix.

 

« En effet, ma conviction est que la culture de la paix n’existe pas. Nous sommes à sa recherche tout le temps, mais malheureusement, nous n’avons pas de culture de la paix(…) Cette culture qui nous échappe aussitôt que nous parvenons à l’énoncer, nous ne réussissons pas à la construire comme une séquence rigoureuse et nous ne pouvons pas imaginer de quelle façon elle pourrait impliquer une communauté tout entière. »

 

Une autre preuve de l’inaccessibilité de la paix à l’homme sans Dieu. Cependant, la culture ou la civilisation étant historique – comme dirait Roger-Pol Droit –, et le « socle de notre Histoire » étant lié à Dieu, on peut dire – contrairement à ce que dit Furio Colombo – que nous avons une culture de paix, que nous avons constamment, plus ou moins, rejetée.  Tout le temps, elle était là sous nos yeux et nous ne l’avons pas vue. Pierre Beylau avait bien résumé cette idée de « socle de notre culture » qu’est la parole de Dieu.

 

« La Bible. Ce n’est pas seulement le livre sacré des enfants d’Abraham, la saga d’un petit peuple du désert, l’histoire du Salut pour des milliards d’hommes et de femmes, juifs, chrétiens, musulmans. C’est un message éthique universel, une formidable leçon de politique, de psychologie, de sociologie. Un véritable cours sur l’humanité(…)

La Bible n’est pas seulement une référence religieuse. C’est le socle de notre civilisation, une grille conceptuelle commune aux croyants et aux agnostiques. Cette première tentative d’écriture de l’histoire d’un peuple, de la Genèse à l’Apocalypse, constitue une incroyable novation. »

 

Après cette brève et profonde digression, plus loin dans son développement, Furio Colombo évoque la solution de la paix de façon lointaine puis la disqualifie du fait du changement radical utopique chez l’homme, que cette solution impliquerait. Toujours cette constance d’inaccessibilité de cette paix à l’humanité, renforçant constamment la place primordiale de Dieu dans l’instauration de la paix des cœurs durable. Car tout changement comportemental radical humain n’est possible qu’avec Dieu.


Roger-Pol Droit et al., Imaginer La Paix (Paris :Grasset, 2003), pp. 196-197.

Droit et al., pp. 198-199.

Furio Colombo et al., Imaginer La Paix, p. 66.

Pierre Beylau, "Le Socle De Notre Civilisation," Le Point, (19-26 Décembre 2003), 89.

Par Armand Dahouet-Boigny
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Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /2009 14:31


« Toutes les métaphores de la paix sont fondées sur le repos, ou sur une condition supérieure, spirituelle, céleste, inhumaine. Nous aimons tous la paix, mais elle n’est pas dans notre pensée(…) La paix, elle, s’exalte exclusivement sur la base d’un principe religieux, d’une raison idéologique. Le principe religieux est le seul qui ne se discute pas et qui défie l’absurde.

(…)La non-violence est fondée sur un certain nombre de principes chrétiens et orientaux. C’est un peu comme le yoga : est-elle un but ou une méthode ? S’il s’agit d’une méthode, elle peut représenter une stratégie utile, mais épisodique. Elle ne sert pas à fonder une culture de la paix. S’il s’agit d’un principe, il faut alors adopter une modification totale de notre style de vie et vivre d’une façon radicalement différente, même dans les petites choses de tous les jours.

Saint François d’Assise, Gandhi et Martin Luther King nous ont enseigné que la non-violence en tant que valeur est un scandale, une rupture logique, elle est contraire à l’instinct de conservation. Ils nous invitent à retrouver ou à trouver un instinct collectif de survie. Nous ne possédons pas cet instinct collectif, donc la non-violence devient une façon héroïque de vivre. »[1]

 

Des trois adeptes de la non-violence cités, au moins deux ont été assassinés, et Furio Colombo n’a pas cité Félix Houphouët-Boigny, qui lui bien qu’ayant été la cible d’assassinats multiples, a vécu sous la protection de Dieu, une vie pleine et entière qui est plus que jamais aujourd’hui un témoignage de non-violence, de développement, donc de paix dans un espace multiethnique et multiracial. Si l’auteur s’était penché sur la vie d’Houphouët-Boigny – sans occulter la dimension spirituelle –, il l’aurait non seulement cité, mais Furio Colombo aurait aussi compris que la non-violence n’a rien d’héroïque. Ce n’est qu’un outil inspiré de la parole de Dieu qui empêche de tomber dans le piège de la haine.

 

         De son côté, Julia Kristeva, également membre de l’Académie Universelle Des Cultures et coauteur de Imaginer La Paix, se penche vers Dieu, en se demandant :

 

« Et si la paix n’existait que comme objet de croyance, de foi et d’amour. Autrement dit, si la paix n’existait que comme un discours imaginaire ? Ce qui voudrait dire qu’elle possède une certaine réalité, et même une réalité certaine(…) Force est de reconnaître pourtant que c’est par la grâce du christianisme, et surtout de ses descendances laïques, que le discours de paix a quitté le domaine de l’imaginaire privé ou collectif, pour prétendre se réaliser dans la réalité sociale des hommes et des femmes, dans et entre leurs familles, leurs clans, leurs nations. Pour cela, il fallait que la morale issue de la Bible soit inscrite dans une parole universaliste et amoureuse de la vie singulière. »[2]

 

Julia Kristeva reconnaît l’importance de la parole de Dieu pour assurer la paix dans l’humanité, mais paradoxalement, elle rejette presque aussitôt cette reconnaissance en raison des dérives causées par l’intégrisme de la religion. Ensuite, l’auteur se réfère à l’universalité d’Emmanuel Kant – basée sur la parole de Dieu pourtant – : « (…)La Paix Perpétuelle(…)une traduction politique du message évangélique,(…)tous les hommes sont égaux, et il faut les sauver tous ; ensuite le principe(…)de l’amour de la vie de chacun. », pour dire qu’ils sont loin d’être réalistes, car « tous les hommes ne sont pas égaux », et que l’amour de la vie est illusoire et laisse à désirer.

 

« Ni Juifs ni Grecs, nous sommes tous des fils de Dieu, la paix est à cette condition, en écho au cosmopolitisme des stoïciens grecs. Voici ce que proclame la "fraternité universelle" dont on ne connaît que trop les abus et les impasses, mais qui est désormais la condition explicite de tout processus de paix sociale : "Heureux les artisans de la paix, car ils seront appelés fils de Dieu" (Matthieu, 5, 9). Quels que soient ses antécédents grecs(…)ou juifs(…), l’amour chrétien, agapè ou charité, apporta une bonne nouvelle qui demeure encore un message de fraternité. Evidemment, et en devançant comme toujours les usagers de la politique, les artistes et les philosophes n’ont pas tardé à s’apercevoir des ambivalences et des pièges de la "bonne nouvelle".

Lorsque la raison pratique de Kant proclama La paix perpétuelle, dans son texte célèbre de 1795, ce ne fut pas seulement une riposte à la Terreur révolutionnaire, mais bien une traduction politique du message évangélique, fondé en toute logique sur l’universalisme et l’amour de la vie humaine. Cette source que j’appelle "imaginaire" de la morale moderne(…)fonde les droits de l’homme aujourd’hui, et elle se décèle dès le texte fondateur de La paix perpétuelle. »[3]

 

L’auteur conclue par une affirmation – que j’accepte partiellement – prouvant que la paix est inaccessible à l’homme, surtout quand on sait que la "fraternité universelle" nécessite la justice pour être instaurée. C’est-à-dire qu’il faut mondialiser des lois justes approuvées des peuples et qu’à présent, hormis le droit international – et encore –, ce n’est pas le cas. D’un autre côté la promotion de l’amour fraternel s’impose pour calmer le jeu.

 

« (…) En doublure de la fraternité universelle, c’est le désir de vie(…)qui reste à renouveler si nous voulons relancer le projet kantien d’une paix à venir(…)

Alors vous entendrez que je ne vous dis pas, comme le prophète, qu’il est impossible de faire la paix. Mais que la paix est inaccessible ici et maintenant, parce qu’il est vain d’imposer par la volonté morale une harmonie imaginaire qui nécessite la justice pour réaliser l’universalisme sur la place publique, et tout aussi impérativement un nouveau discours sur l’amour de la vie,(…)pour rasséréner l’intimité. »[4]

 

Il y a comme une contradiction qui se profile pour confirmer le fait que la paix vient de Dieu. En effet, si comme dit Roger-Pol Droit : « la paix est une conséquence de la loi », en d’autres termes que la paix provient de la loi. Alors, étant donné qu’il faut des hommes pour concevoir ces lois, par transitivité, on pourrait dire de façon conservatrice que la paix provient des hommes, logiquement. Or, étant également donné que tous ces auteurs tendent à s’accorder, plus ou moins, à penser que la paix est inaccessible à l’homme, par conséquent, il y a bien contradiction : la paix ne peut pas provenir de l’homme et être à la fois inaccessible à l’homme. Récapitulons : la paix vient de la loi, l’homme fait la loi, donc la paix vient de l’homme. Or la paix est inaccessible à l’homme. Il y a contradiction. La paix ne vient donc pas de la loi.

 

         Puisque ces auteurs se basent sur la raison pratique du philosophe Emmanuel Kant, publiée en 1795, voyons ce qu’il dit à travers les explications de Heinz Wismann, lui aussi auteur de Imaginer La Paix.

         Kant Emmanuel dit en substance que pour la paix, il faut de la confiance entre les hommes, entre les peuples, et entre les nations, mais que la seule confiance ne suffit pas. Cependant, selon le théorème de « l’insociable sociabilité », la différence des cultures, des arts, et des religions, sont des résultats de l’insociabilité ; en d’autres termes, c’est parce que les hommes ne veulent pas d’une société interculturelle, interraciale, interethnique, qu’ils se protègent de barrières culturelles et religieuses différentes. Je pense que c’est discutable. Quoi qu’il en soit, l’auteur déduit qu’il faudrait par conséquent, que ces cultures émergent nécessairement par transcendance, incitant ainsi, selon un procédé progressif, l’élévation de la conscience collective à une « société civile administrant universellement le droit », sans forces ou diktats, et sans considérations de la morale ou de la religion.

 

« Or, si la confiance, en tant que manifestation du lien qui, par-delà leurs différends, unit les hommes au sein de l’humanité, est bien une condition nécessaire de toute entente à venir, elle n’en est pas la condition suffisante. Comme le rappelle le préambule de la seconde section, l’état naturel pour l’homme est la guerre, et non la paix. Aussi la paix, qui ne se confond pas avec l’absence occasionnelle d’hostilités, a besoin d’être "instituée". Et cette institution juridique de l’état de paix passe par trois stades successifs : le droit public, au sens du droit des citoyens(…), le droit international, au sens du droit des peuples(…), et le droit cosmopolitique(…), au sens d’un droit civique universel liant les individus aussi bien que les Etats. Les trois "Articles définitifs" précisent chacune de ces étapes nécessaires. »[5]



[1] Furio Colombo et al., Imaginer La Paix, p. 67.

[2] Julia Kristeva et al., Imaginer La Paix, pp. 168-170.

[3] Julia Kristeva et al., Imaginer La Paix, p. 170.

[4] Kristeva et al., p. 176.

[5] Heinz Wismann et al., Imaginer La Paix, p. 54.

 

Par Armand Dahouet-Boigny
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